Projet

The Nebelivka Hypothesis

Plasticités > La plasticité relationnelle > The Nebelivka Hypothesis

Titre
The Nebelivka Hypothesis | 2023

Designer(s)
Forensic Architecture

In Partnership With
David Wengrow

Localisation
Nebelivka, Ukraine
Exposé à la Biennale d'Architecture de Venise, The Laboratory of the Future by Lesley Lokko

Photographie
Images 3D - Forensic Architecture

Plasticités > La plasticité relationnelle > The Nebelivka Hypothesis

Titre
The Nebelivka Hypothesis | 2023

Designer(s)
Forensic Architecture

In Partnership With
David Wengrow

Localisation
Nebelivka, Ukraine
Exposé à la Biennale d'Architecture de Venise, The Laboratory of the Future by Lesley Lokko

Photographie
Images 3D - Forensic Architecture

PlastiCités > La plasticité organisationnelle

> The Nebelivka Hypothesis

Le projet The Nebelivka Hypothesis développé par Forensic Architecture avec l’archéologue David Wengrow, ne se contente pas de produire un savoir archéologique ou historique. Il fonctionne comme un dispositif plastique, capable de simultanément les formes de connaissance, les outils d’enquête, les récits dominants et les modes d’organisation du savoir. À travers l’imbrication de technologies avancées, d’analyses environnementales, de modélisations spéculatives et de formats éditoriaux hybrides, Forensic Architecture déplace les frontières entre recherche, design, architecture et politique.

Plasticité technologique : détourner les outils de pouvoir

Forensic Architecture fonde sa pratique sur un usage critique et non prescriptif de technologies issues du champ militaire, sécuritaire ou extractiviste : imagerie satellite, photogrammétrie, capteurs multispectraux, relevés géophysiques, modélisation paramétrique.
Dans The Nebelivka Hypothesis, ces outils servent à révéler des structures urbaines enfouies et des dynamiques territoriales invisibles à l’œil nu. Cette démarche opère une reprogrammation plastique de la technologie : les instruments de surveillance deviennent des instruments d’interprétation, de spéculation et de mise en débat.

La plasticité réside ici dans la capacité à changer la destination politique des outils, sans en nier la charge historique, mais en la retournant.

Plasticité des données et des formats : de la preuve à l’hypothèse

Le projet revendique une épistémologie non linéaire, où la donnée n’est ni stable ni close. Les relevés satellitaires, analyses de sols, lectures archéobotaniques et simulations algorithmiques sont présentés comme des matériaux interprétables, porteurs d’incertitudes assumées.

Le PDF (télécharger le en cliquant sur le bouton Télécharge l'article en PDF en bas à droite de cette page) lui-même devient un objet plastique : à la fois transcript de film, archive scientifique, atlas visuel et récit spéculatif. Il ne vise pas la démonstration définitive, mais l’exposition des méthodes, des débats et des zones d’indétermination. La connaissance n’y est pas produite par accumulation, mais par mise en relation de couches hétérogènes, invitant le lecteur à entrer dans le raisonnement plutôt qu’à en consommer le résultat.

Plasticité environnementale : penser la ville comme milieu transformé

Au cœur de The Nebelivka Hypothesis se trouve une relecture radicale du rapport entre urbanité et environnement. En croisant données pédologiques, hydrologiques et végétales, Forensic Architecture montre que ces villes préhistoriques ne se sont pas développées contre leur milieu, mais avec lui, voire par lui.

Le sol n’est plus un simple support archéologique, mais un acteur historique, transformé par des pratiques humaines non extractives. Cette approche relève d’une plasticité environnementale dans laquelle la ville est comprise comme un processus de co-évolution entre formes bâties, sols, climats et usages, remettant en cause l’idée que l’urbanisation implique nécessairement prédation et hiérarchisation.

Plasticité organisationnelle : défaire les récits dominants de l’urbain

En contestant le modèle canonique de la ville fondée sur la centralité, la monumentalité et l’administration, Forensic Architecture engage une plasticité organisationnelle profonde. Nebelivka apparaît comme une forme urbaine à grande échelle sans État central, sans palais ni temples, structurée par des logiques distribuées et des assemblées locales.

Cette remise en question est rendue possible par une organisation du travail elle-même plastique : une plateforme de recherche transdisciplinaire où archéologues, designers, scientifiques, techniciens de l’image et institutions culturelles produisent conjointement les hypothèses.
La ville, comme la recherche qui la décrit, est pensée bottom-up, par agrégation de décisions locales, de données fragmentaires et de récits partiels.