
Plasticité
des lieux de vie
Plasticité des lieux de vie
Une approche sensible et systémique du territoire par le design
Qu’est-ce que la plasticité des lieux de vie ?
une approche
pour renouer avec l’habitabilité de nos lieux de vie, les rendre propices à de nouveaux usages et à leur cohabitation.
une méthode
pour comprendre et intégrer le changement, en assumant l’incertitude et en faisant place aux interactions entre le vivant et son environnement.
un outil
pour concevoir des espaces capables d’évoluer, de se métamorphoser, ou d’être déplacés et éviter la logique construction-déconstruction.
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Plasticité ?
La plasticité ? La plasticité est une propriété propre à chacune et à chacun, que l’on soit vivant—humains, immatériel—institutions, ou physique—territoires, qui ne demande qu’à se révéler.
C’est un concept-média (un moyen et une intention), une ambition (une visée engagée) et un objectif (d’amélioration de nos quotidiens et milieux de vie).
La plasticité “met en avant la question du lien (liage), du commun, de la coopération, de la co-élaboration, de l’interaction entre individus, territoires et institutions, de l’inclusion par l’interaction et la réciprocité entre espaces* et les sociétés, et surtout cette capacité à mettre bout à bout, à agglomérer des choses qui d’ordinaire ne se croisent pas, s’ignorent voire s’opposent” (M. W. Debono)
La plasticité permet, sur des territoires et lieux de vie donnés, de co-envisager des choses malgré les fréquentes injonctions contradictoires ou paradoxales entre acteurs, institutions réalités de terrain et habitants et ainsi ouvrir d’autres voies.
La plasticité ouvre sur un nouvel espace de pensée le territoire vécu, pratiqué et rêvé par les habitants et les acteurs, avec le politique. Une méthode propice à l’inventivité, révélant autant qu'émanant de la capacité des acteurs et des collectifs à s’adapter et à faire cohésion. La sérendipité* des territoires (physiques, professionnels, économiques et imaginaires) devient ainsi une promesse d’agir.
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Qu’est-ce qu’un lieu de vie ?
Un lieu de vie est un espace où se fabriquent, jour après jour, les conditions mêmes de la sociabilité et de l’habiter. Un lieu de vie est un un espace-temps du faire, du partage, d’expériences et d’émotions, où peuvent s’adopter des habitudes, s’élaborer des mémoires et des cultures communes, entre des personnes qui ne se rencontreraient pas forcément ailleurs.
Un lieu de vie est une situation. D’un espace où l'on se croise, à un espace où l’on se pose, le lieu de vie est une situation vécue – personnelle et collective, réelle et souhaitée, parfois subie – qui forge un référentiel commun. Dans un lieu de vie, chacune et chacun sait ce qu’il peut y trouver et y apporter.
Un lieu de vie est un choix : celui de s’y rendre, d’y rester, de le quitter, d’y revenir. Constitué de liens forts, faibles, ou distendus, le lieu de vie est de fait collectif, commun, appropriable et partageable sur des temporalités* variées. C’est un espace de liberté d’usages et de pratiques dans un cadre structurant.
Un lieu de vie est une intention qui s’édifie avec du multiple et du divers, à partir de l’existant et avec du nouveau.
Un lieu de vie est un espace situé. Les lieux de vie s’envisagent sur une diversité de territoires, dans une pluralité d’échelles et avec les habitants : du hall d’immeuble à la place du village et aux toitures urbaines, du domicile au bistrot au square, des gares aux espaces de travail, des entrées de villes aux fermes urbaine et jardins partagés, des abris-bus aux quais de gare, des espaces d'occupation temporaire aux commerces, des salles d’attente des hôpitaux et des espaces d’accueil des services publics, etc. Autant de lieux d’intervention du designer.
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Pourquoi le designer s’intéresse-t-il aux lieux de vie ?
Le designer s’intéresse aux lieux de vie car c’est précisément là que se rencontrent, de manières choisies ou parfois subies, les personnes, leurs usages, leurs émotions, leurs récits et leurs pratiques quotidiennes ou récurrentes.
En s’attachant aux lieux de vie, le designer ne cherche pas uniquement à produire des formes ou des objets, mais à rendre un espace habitable, appropriable et partageable, en tenant compte des contraintes existantes et à venir et de la diversité des situations potentielles et vécues — personnelles, collectives, réelles ou projetées.
S’intéresser aux lieux de vie, c’est aussi reconnaître qu’habiter est un processus, fait de rites, d’habitudes et parfois de dérives, de transformations lentes ou parfois soudaines, et de réinterprétations constantes.
Le designer intervient alors avec une intention active et critique pour que s’articule l’existant et le nouveau, le singulier avec le multiple et le commun*, afin de créer des espaces et des situations propices à la cohabitation voire au partage des usages et des habitus*.
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Le designer au service des habitants et de l’habiter
Le designer est un agent de reliance* entre habitants, acteurs de l’habitat et territoires
En se positionnant comme agent de reliance, le designer :
—place la personne habitante au cœur des processus de conception
—reconnaît et valorise ses compétences d’usage et de connaissance des lieux
—les met en dialogue avec les expertises professionnelles
—et en dialogue avec les décideurs, acteurs de la gouvernance et experts de l’habitat et de la construction
afin de formuler des réponses systémiques* plus cohérentes, plus justes et plus ancrées dans le réel.
Les personnes vivent leur territoire dans une continuité d’usages et de pratiques, organisées ou imprévues, oscillant entre suractivité, routines, découvertes, rêves et parfois ennui ; alors qu’elles sont souvent réduites à n’être qu’un individu qui passe d’un statut à un autre : tantôt résident, usager, client, bénéficiaire, public cible, invité, collaborateur, etc. selon son activité dans son emploi du temps, selon les institutions qu’il croise, selon les territoires qu’il traverse et les métiers qui les gèrent. Toutes ces représentations et ces désignations sont clivantes et fragmentent le continuum du vécu-habitant qui, lui, intègre toutes ses dimensions et temporalités.
Pour le designer, la personne habitante est le fil conducteur du territoire, dans ses dimensions spatiales, sociales et temporelles. Son rôle est d’observer, d’identifier, de comprendre la complexité, en vue de générer et d’optimiser voire d’activer les usages en intégrant la complexité et la diversité des manières d’habiter.

Le continuum du vécu-habitant constitue les lieux, les situations et les échelles d’intervention du de.
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La méthode du design pour appréhender la complexité
Le design est par essence plastique et la plasticité est le moyen d’appréhender la complexité*
Le design promeut une approche sensible et systémique* qui prend en compte toutes les échelles* et les détails visant à améliorer le quotidien des habitants.
Le designer, parce qu’il n’a pas pour seule vocation de construire, adopte une posture critique et permet une approche pérenne qui intègre la gestion du coût environnemental et social du projet.

Appliquer l’approche du design à nos lieux de vie suppose de passer :

On ne pourra bien dessiner le simple qu’après une étude approfondie du complexe.
— Gaston Bachelard, 1934
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Un écosystème métier à relier
Pour éviter les ruptures de parcours et tendre vers un continuum d’usages des lieux de vie et des territoires, il importe de relier les métiers.
Le designer est un agent de décloisonnement entre expertises.
Le décloisonnement propre à la démarche plastique et au design est à la fois l’objectif et le mode opératoire du projet. Il concerne de près tous les acteurs du territoire, de la construction et de l’habitat.

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Pour repenser les manières de concevoir l’habiter
Qu’est-ce qu’habiter ?
Rechercher le sens profond de ce qu’est Habiter est la quête de toute personne qui conçoit les espaces pour les faire devenir des lieux de vie.
Face aux crises climatiques et de raretés des matériaux, puisqu’on n’habite pas aujourd’hui comme on habitait avant, il nous faut penser autrement les manières de faire ville : ménager, réparer, partager.
Christine Leconte, aujourd’hui directrice de l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Paris-Belleville et anciennement Présidente Nationale du Conseil de l’Ordre des Architectes, nous expose les leviers qui émergent des nouvelles contraintes, dans une nouvelle économie de la coopération, en vue de spatialiser, ensemble, le vivre-ensemble.