Projet

Sillage

Plasticités > La plasticité relationnelle > Sillage

Titre
Sillage

Designer.es
Juliette Arakelian

Contexte
Projet de Diplôme
Strate, école de design

Date
2024

Plasticités > La plasticité relationnelle > Sillage

Titre
Sillage

Designer.es
Juliette Arakelian

Contexte
Projet de Diplôme
Strate, école de design

Date
2024

PlastiCités > La plasticité relationnelle

> Sillage

Laisser une trace féminine dans l'espace public pour entendre "je ne suis pas seule".
Traversées genrées de la ville

Juliette Arakelian part d’un constat largement documenté mais encore peu traduit spatialement : les femmes ne vivent pas la ville de la même manière que les hommes. Là où ces derniers l’habitent, les femmes la traversent, adaptant leurs parcours, leurs horaires et leurs comportements à un sentiment d’insécurité omniprésent, particulièrement la nuit. L’espace public, supposé neutre et partagé, est en réalité profondément genré dans ses usages.

Marcher pour reprendre place

Sillage accompagne les marches exploratoires nocturnes militantes, organisées collectivement, pour permettre aux femmes de se réapproprier la ville au moment où elles s’en sentent habituellement exclues. Ces marches deviennent des actes politiques situés, où la présence féminine est assumée, visible et collective. L’objectif n’est pas seulement de traverser, mais bien d’occuper l’espace, ensemble.

Des objets comme signaux de sororité

Au fil du parcours, les participantes installent dans la ville des objets modulables de réappropriation : cônes pliés, signalétiques détournées, slogans inscrits au scotch. Ces objets, laissés en place après la marche, fonctionnent comme des traces visibles du passage, des signaux de sororité adressés aux autres habitantes. Ils marquent les lieux perçus comme anxiogènes et transforment temporairement le paysage urbain.

Un stand mobile accompagne la marche, fournissant matériel, notices et variantes d’assemblage. Ce dispositif facilite l’action collective et rend le projet reproductible, accessible et appropriable par d’autres groupes.

Parasiter pour transformer

En assumant une forme de parasitage de la ville, Sillage cherche à déplacer les regards et les usages. Les objets ne sécurisent pas physiquement l’espace ; ils agissent symboliquement, en redonnant confiance, en rendant la présence féminine visible et en inscrivant une mémoire du passage dans l’espace public.

Sillage affirme que reprendre la ville commence par laisser des traces, même temporaires. En articulant marche, objet et collectif, le projet propose une autre manière de faire projet : située, politique et profondément connectée aux corps qui traversent la ville.