Projet

BIP Auber Micro Fest

Plasticités > La plasticité relationnelle > BIP Auber Micro Fest

Titre
BIP Auber Micro Fest

Designer.es
Etudiants de :
Strate Ecole de Design, Sèvres
Politechnico di Torino, Turin
ELISAVA, Barcelone

Encadrés par l'Atelier CRAFT

Contexte
Erasmus +

Date
2025

Photographe
Arnaud Wolff

Plasticités > La plasticité relationnelle > BIP Auber Micro Fest

Titre
BIP Auber Micro Fest

Designer.es
Etudiants de :
Strate Ecole de Design, Sèvres
Politechnico di Torino, Turin
ELISAVA, Barcelone

Encadrés par l'Atelier CRAFT

Contexte
Erasmus +

Date
2025

Photographe
Arnaud Wolff

PlastiCités > La plasticité œconomique

> BIP Auber Micro Fest

La plasticité comme pédagogie
Un projet à l’intersection du territoire et de la communauté

Le projet BIP s’inscrit dans le cadre d’un programme Erasmus+, réunissant le Politecnico di Torino, Strate École de Design, et ELISAVA à Barcelone. Mené sur les berges d’Aubervilliers, il s’inscrit dans une démarche pédagogique où la plasticité est à la fois un objet d’étude et une méthode d’apprentissage. Réunissant des étudiants de plusieurs écoles et pays, le projet repose sur un double socle : une inscription forte dans un territoire donné et une réponse directe aux besoins de communautés locales.

Le site choisi concentre des problématiques multiples : mobilités actives, multiculturalisme, rapport à la nature en milieu urbain, usages précaires de l’espace public. Ce contexte complexe - au sens de riche en problématiques - devient un terrain d’expérimentation idéal pour confronter les étudiants à la réalité. Des associations locales apportent une problématique et un cahier des charges aux étudiants. En échange de leur rôle de « client », de leur temps et de leur implication, elles récupèrent les scénographies ou micro‑architectures produites. Une logique de troc s’installe, renforçant l’ancrage territorial.

Construire pour comprendre

Le cadre pédagogique est volontairement exigeant : les projets de micro-architecture et scénographie doivent être conçus et construits en quelques jours, à partir de matériaux majoritairement issus du réemploi. Cette contrainte temporelle et matérielle oblige à une prise de décision rapide, collective et située. Les élèves ont eu plusieurs semaines auparavant pour comprendre le terrain, l’interpréter et y faire des propositions de projet. 

Sous l’impulsion de l’Atelier CRAFT, loin d’un enseignement centré sur la forme ou le dessin comme finalité, le BIP valorise l’apprentissage par le faire. Les étudiants découvrent les limites de leurs idées au contact direct du chantier : poids réel des matériaux, complexité des assemblages, résistance des structures, adaptation aux conditions climatiques et humaines.

Plasticité mentale et lâcher-prise

L’un des enseignements majeurs du projet réside dans la capacité - ou la difficulté - des étudiants à accepter que leur projet évolue, voire se transforme radicalement. Certaines propositions initiales ont dû être abandonnées ou simplifiées face aux contraintes du terrain. Cette plasticité mentale, faite de renoncements, d’ajustements et de décisions collectives, constitue un apprentissage fondamental.

La plasticité ne concerne alors plus seulement l’objet construit, mais les personnes elles-mêmes : leur rapport à l’autorité du terrain, à l’ego du concepteur, à l’incertitude et à la vulnérabilité.

Pour l’Atelier CRAFT, ce type d’enseignement repose sur quelques principes fondamentaux : “penser en faisant”, “accepter que le projet se construise au fil du chantier”, “considérer que le dessin n’est jamais figé”. Être plastique, c’est remettre en question, accepter l’évolution et l’adaptation permanente.

Un cadre très structuré pour accueillir l’imprévu

Les constructions éphémères ont été démontées après usage pour soit être remontées dans les locaux des associations-clientes, soit être (ré)intégrées dans des cycles de réemploi. Cette fin programmée fait partie intégrante du projet, renforçant l’idée que la valeur réside autant dans le processus que dans l’objet final.

Paradoxalement, cette liberté d’adaptation repose sur une organisation extrêmement précise en amont : approvisionnement en matériaux, préparation des équipes, cadrage pédagogique, logistique du chantier. Le projet démontre que planification et plasticité ne sont pas opposées, mais complémentaires.

Les contraintes liées à l’imprévu (matériel, environnemental et financier) demandent une grande agilité, un engagement profond dans le projet et une capacité à faire de la contrainte une ressource.